Conseils aux generalistes pour droguer leurs clients: le catalogue complet des drogues

NOVEMBRE 1996

PSYCHOTROPES

Dr. Henri PARTOUCHE, médecin généraliste

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SITUATION ACTUELLE

Prévalence des troubles psychiques en France

    • Troubles anxieux : 13% Les troubles anxieux motivent 1/3 des consultations auprès des généralistes.
    • Insomnie : 20 à 40%
    • États dépressifs : 10 % 13,7% des consultants à Paris sont déprimés

Prescriptions et consommations

    • Consommation de BZD 10% des Français
    • 32 % des plus de 65 ans à domicile et 42 % des plus de 65 ans en institution
    • Les tranquilisants sont prescrits par le généraliste dans 85% des cas (Rapport Zarifian 95)

Mais une étude récente sur 525 patients de généralistes en Région Parisienne (Leblanc et Huas 96) montre que:

    • 11% seulement des ordonnances de MG comportent un anxiolytique et/ou un hypnotique
    • 2% représentent un premier traitement
    • 2/3 des nouveaux traitements seront renouvelés au delà de 2 mois. L’insomnie est le motif principal de renouvellement .

Motifs de prescription par les généralistes: Insomnie 64% Anxiété 49% , états dépressifs 30%

PSYCHOTROPES

Depuis 40 ans la psychopharmacologie n’a pas connu de grande révolution, horrmis une meilleure connaissance du mode d’action des psychotropes et un réel progès de la pharmacovigilance.

Les laboratoires ont commercialisé de nombeux produits, et pourtant les premiers antidépresseurs et neuroleptiques sont toujours d’actualité.

Shématiquement il faut garder à l’esprit les éléments suivants pour obtenir le meilleur rapport bénéfices/ risques avant de prescire un produit:

Bénéfices de la prescription d’un psychotrope ?

    • Action sur les symptômes ? psychiques ? somatiques primaires ou et secondaires ?
    • Évitent une hospitalisation ( problème de coût)
    • Prévention des rechutes ?
    • Retour du lien social ?
    • Retour de la parole?
    • Possibilité d’une psychothérapie ?
    • Action durable ?

Risques de la prescription d’un psychotrope ?

    • Effets secondaires ? réversibles irréversibles
    • Toxicité en cas de prise massive ?
    • Toxicité en cas d’interactions médicamenteuses?
    • Aggravation de l’état psychique ?
      • dépendance ?
      • rechutes plus fréquentes ?
      • effets propres du produit ?
      • psychothérapie rendue plus difficile ?

LES PSYCHOTROPES MIS À NOTRE DISPOSITION

1-Les anxiolytiques:

    • 1-1 Les BZD
    • 1-2 Carbamates
    • 1-3 Hydroxysine
    • 1-4 Buspirone
    • 1-5 associations
    • 1-6 autres molécules anxiolytiques

2 Les hypnotiques:

    • 2-1 BZD
    • 2-2 Molécules apparentées aux BZD
    • 2-3 Phenothiazines antiH1
    • 2-4 -Associations :
    • 2-5-Barbituriques :

3 -Les antidépresseurs

    • 3-1 IMAO classiques non selectifs et irréversibles:
    • 3-2 Nouveaux IMAO : sélectifs et réversibles de la MAO (A)
    • 3-3 Tricycliques classiques : imipramine et dérivés
    • 3-4 Nouveaux tricycliques et apparentés
    • 3-5 Non cycliques non IMAO
    • 3-6 les IRS sélectifs
    • 3-7 Substances à activité antidépressive

4- Les thymorégulateurs

    • 4-1 Lithium
    • 4-2 Anti épileptiques : Tégrétol Dépamide Rivotril

5- Les neuroleptiques

    • 1-Phénothiazines
    • 2-Butyrophénone
    • 3- Benzamides
    • 4-Thioxanthènes
    • 5-Autres molécules

1-Les anxiolytiques:

1-1 Les BZD :

chefs de file des tranquilisants

Acides très lipophiles qui se fixent sur des sites membranaires liés aux récepteurs GABA

Effets :

Anxiolytiques et sédatifs , myorelaxants, anticonvulsivants

Indications:

    • Restent le meilleur traitement de l’anxiété (+-manifestations somatiques)
    • Ne préviennent pas les " troubles obsessionnels compulsifs" et les troubles paniques (névrose d’angoisse ), exepté le Xanax ( alprasolam) .
    • Dans la dépression avec anxiété, mieux vaut donner un ATD sédatif en sachant qu’au bout de 10 jours les ATD sont anxiolytiques( il n’existe pas d’étude prouvant que la bithérapie est plus efficace)

Pharmacocinétique

    • Absorption variable, allant de 30 mn ( Rohypnol) à 6 h
    • (la voie IM n’est pas plus rapide que per os pour le valium)
    • Le pic plasmatique après absorption peut varier de 1 H (Tranxène, Valium) à 4 H (Lysanxia)
    • Métabolisme hépatique , élimination rénale
    • Risque d’accumulation en cas d’hypoprotidémie (patients âgés)
    • La demi-vie plasmatique peut varier de 4 à 77 heures selon la molécule

Vératran

clotiazépam

4 h

cp. sec.

5 mg 10 mg

Seresta

oxazepam

8 h

cp. sec

10 mg ,.50 mg

Temesta

lorazepam

12 h

cp sec

1 mg , 2,5 mg

Xanax

alprazolam

12 h

cp sec 0.25 mg

0,50 mg

Lexomil

bromazépam

20 h

cp. sec. 6 mg

Librium

chlordiazépoxide

23 h

cp. 5 mg

gél. 10 mg

Urbanyl

clobazam

30 h

gél. 5 mg

cp 10, 20 mg

Tranxène

clorazépate-K

55 h

gél. 5,10,50 mg

amp 30 mg

Nordaz

nordazepam

55 h

cp séc.

7.5 mg, 15 mg

Valium

diazépam

55 h

cp sec 2 mg,

5 mg, 10 mg

amp. 10 mg

Lysanxia

prapezam

65 h

cp. sec.

10 mg, 40 mg

gouttes 1/2 mg par goutte

Victan

loflazépate

77 h

cp. 2 mg

Les BZD utilisées comme hypnotiques ont une demi-vie courte évitant en principe les effets résiduels du matin (somnolence ,amertume, sécheresse nasale et xérostomie,troubles mnésiques)


Contre-indications

    • Myasthénie , insuffisance respiratoire décompensée, apnées du sommeil , hypersensibilité connue aux BZD
    • Insuffisance hépatique, insuffisance rénale

Effets secondaires mineurs

qui disparaissent en quelques jours ou imposent une réduction posologique:

    • Troubles de la vigilance; apathie et somnolence diurne
    • Sensation d’ébriété, vertiges, maladresses motrices,
    • Troubles de la mémoire :

Ils sont surestimés en dehors du début du traitement où ils sont liés à la sédation (sauf pour Temesta , Halcion, Rohypnol)

    • Diminution du temps de réaction au volant
    • Amertume et sécheresse buccale , sécheresse nasale.

Autres effets notés

    • Rebond anxieux paradoxal avec excitation et troubles du caractère
    • Chez les personnes âgées: hallucination hypnagogiques, sensations d’étrangeté, cauchemars

Effets secondaires sévères par surdosage:

    • Dysarthrie, troubles de la marche, tremblements fins, obnubilation, hyporéflexie voire confusion mentale ++
    • Chute par excès de myorelaxation chez les personnes âgées–> fractures

Abus de consommation- pharmacodépendance

    • Facteurs de risque :
      • – produits d’action rapide et de 1/2 vie courte (hypnotiques)
      • – doses élevées et longue durée de consommation
      • – âge avancé
      • – conduite addictive (alcool, tabac, boulimie), troubles de la personnalité (type obsessionnel), névrose d’angoisse
      • -pathologie somatique associée

    • La pharmacodépendance associe:
      • – La tolérance aux produits nécéssitant l’augmentation des posologies.

Elle existe essentiellement pour la sédation et peu pour l’anxiolyse

    • – La dépendance physique avec syndrôme de sevrage

 

    • Risque de 25% à 50% si traitement de plus d’un an

-La dépendance psychique –> chez les patients à risque:

    • les polytoxicomanes
    • les toxicomanes aux médicaments exclusifs (femmes alcooliques surtout )
    • les usagers chroniques "toxicomanes qui s’ignorent" (obsessionnels).

Le syndrôme de sevrage:

    • Apparaît en 24-48H avec BZD à demi-vie courte et 4-6 jours avec BZD à demi-vie longues Peut durer un mois
    • Signes physiques:Douleurs musculaires, fasciculations, trembements, vertiges , céphalées, palpitations, troubles de la vue, nausées , anorexie, douleurs abdominales
    • Sensoriels: Hyperesthésie sensorielle (tactile, olfactive, visuelle)
    • Neuro psychiques : Agitation, impatience, insomnie, dysthymie, dysphorie anxieuse, rebond anxieux, idées suicidaires, dépersonnalisation voire état confuso-délirant ou crise d’épilepsie surtout avec les BZD à demi-vie courte

——> Bien prescrire idéalement les BZD:

    • Plus petite dose possible mais efficace avec arrêt progressif

( certaines poso sont égales au placebo Valium= 10 mg, Tranxène 10 mg ).

    • Prescription courte et arrêt dégressif.
    • Eviter la dépendance:

En repérant


– l’anxiété symptôme d’une affection psychiatrique

—> traitement spécifique

-Les patients à risque de dépendance

–> prescrire d’autres molécules : antihistaminiques (Atarax, Théralène), ATD sédatifs (Laroxyl), neuroleptiques à faibles doses (Tercian, Nozinan ,Melleril).

En evitant les hypnotiques BZD

Contrat de durée de traitement avec le patient +++

La durée du traitement est réglementairement limitée ( loi du 7 octobre 1991): 12 semaines maxi pour tous les tranquilisants sauf pour l’ Halcion (2 semaines) et autres hypnotiques(4 semaines)

1-2 Carbamates

Equanil

meprobamate 6 à16 H cp à 250 et400 mg ampoules à 400 mg

Méprobamate

meprobamate cp à 200 mg

Risque élévé de dépendance, potentiel létal élevé en cas de prise massive, inducteur enzymatique (comme les barbiturique). Troubles confuso-oniriques en cas de sevrage brutal

1-3 Hydroxysine

ATARAX

Hydroxysine 19 à 39 H cp à 25, 100 mg sirop 2mg/ml amp 100mg /2ml

Pas de dépendance mais efficacité moins documentée

1-4 Buspirone

BUSPAR

buspirone 3 H cp à 10 mg

    • Antagoniste serotoninergique ( 5 HT1A)
    • Pas de dépendance mais efficacité moins constante ( surtout chez les patients ayant pris des BZD avant) et non immédiate (quelques jours)
    • Pas de troubles mnésiques pas de sédation, pas d’interaction avec l’alcool, pas de syndrôme de sevrage Chef de file de nouveaux produits prometteurs (anxiolytiques avec effet antidépresseur) ( la gépirone etc.. ) .

1-5 Associations

ATRIUM

febarbamate-difébarbamate-phénobarbital 50 mg-35mg-15 mg

Conjugue les effets secondaires sans efficacité supérieure aux BZD

1.6 autres

COVATINE

captodiame cp à 50 mg

STRESAM

etifoxine gel à 50 mg

Le stresam est une benzoxazine et a les mêmes CI que les BZD

2. Les hypnotiques:

Indications:

Identifier le trouble du sommeil

    • – difficultés d’endormissement de plus de 30 mn
    • – réveils fréquents avec difficultés à se rendormir
    • – sommeil non réparateur avec réveil pénible
    • – l’hypnogramme ( EEG) est perturbé avec réduction des temps de sommeil profond et paradoxal

Différencier

    • – l’insomnie transitoire occasionnelle ( inférieure à 3 semaines): c’est la meilleure indication des hypnotiques
    • – de l’insomnie chronique qui est souvent plurifactorielle

–> traiter les causes somatiques ; algies, prurit, dyspnée ect…

–> dans 35% des cas elle est secondaire à une pathologie psychiatrique.

Les insomniaques chroniques traités ont un sommeil moins long et de plus mauvaise qualité que les patients identiques non traités.+++

Bien prescrire

    • traitement de durée courte à la plus petite dose possible avec arrêt progressif (par 1/4 cp) et réévaluer.
    • Expliquer au patient la nécessité de limiter la durée de traitement et l’existence du possible effet rebond à l’arrêt du traitement.
    • Insister sur l’hygiène du sommeil (horaires régulières, durée au lit limitée, et détente avant le coucher)
    • Eviter en cas de troubles anxieux de prescrire un sédatif au moment du coucher pour éviter un conditionnement associant anxiolytique et sommeil.
    • En cas de facteurs de risques de dépendance utiliser plutôt: Stilnox ou Imovane, Laroxyl voire Melleril, Tercian, Nozinan à faibles doses
    • -prendre le temps de consultatons spécifiques +++

Le sevrage de l’hypnotique chez l’insomniaque chronique

    • prendre le temps de consultatons spécifiques +++
    • Est-ce utile ? (personnes âgées )
    • situer le symptôme "insomnie" parmi d’autres symptômes
    • structure /personnalité âge du patient
    • conseil d’hygiène et soutien psychothérapique centré sur la verbalisation et la restauration de l’imaginaire ++
    • réduction des doses d’1/4 par palier de 1 à 2 semaines
    • prise en charge particulière des toxicomanies aux hypnotiques
    • utilisation du Théralène( 20- 30 gouttes le soir) du Tercian ( 5 à 25 mg) éventuellement du Tégrétol pour diminuer le sydrôme de sevrage aux BZD

2-1 les hypnotiques BZD

spécialité

DCI

1/2 vie

présentation

HALCION

triazolam

2.7 h

cp sec

0.125 mg

HAVLANE

loprazolam

8 h

cp sec 1 mg

NORMISON

temazepam

8 h

caps

10 mg;20 mg

NOCTAMIDE

lometazepam

10 h

cp sec

1 mg; 2 mg

NUCTALON

estazolam

14 h

cp sec 2 mg

ROHYPNOL

flunitrazepam

20 h

cp sec

1 mg 2 mg

MOGADON

nitrazepam

23 h

cp sec

5 mg

CI majeures

: allergie aux BZD et insuffisance respiratoire sévère

Effets notés

    • Toxicomanie au Rohypnol pour son effet d’euphorie avec levée d’inhibition, obnubilation et amnésie antérograde à fortes doses
    • Syndrôme " d’amnésie- automatisme " avec l’Halcion 0,5mg (retiré du marché)

2-2-Molécules apparentées aux BZD

Car elles se fixent sur le même complexe macromoléculaire (recepteur GABA-canal chlore) favorisant la pénétration du chlore dans les neurones

STILNOX,

IVADAL

zolpidem

2.4 h

cp sec

10 mg

IMOVANE

zopiclone

5 h

cp sec

7.5 mg

Elles ont le meilleur rapport bénéfice/ risque

Peu ou pas de dépendance mais n’agissent pas sur l’anxiété (causes d’echec). Un effet résiduel est fréquemment rapporté pour l’Imovane; sensation d’amertume buccale.

2-3-Phenothiazines

Antihistaminiques (neuroleptiques cachés) ne donnant pas de dépendance ni de troubles mnésiques mais dont les effets résiduels sont importants et l’efficacité moindre.

THERALENE

alimemazine

4 h

cp 5 mg

NOPRON

niaprazine

4.5 h

15 mg / cuill.mes

2-4 -Associations :

associent les effets secondaires sans augmenter l’efficacité

NOCTRAN 10

chlorazepate di-K

acepropetazine

acepromazine

10 mg

7.5 mg

0.75 mg

MEPRONIZINE

meprobamate

aceprometazine

400 mg

10 mg

 

 

 

suite;
http://www.paris-nord-sftg.com/cr.psychotropes.96.htm

 

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Le rohypnol, une drogue dure amnésiante.

 
(Je rappel que le rohypnol est toujours prescrit en France.)
 
Médecine générale / de famille .
Le Rohypnol, une drogue dure amnésiante.
 
Conclusions : Le Rohypnol™ est une drogue dure, succédané de l’héroïne et un amnésiant puissant. Ce produit est dangereux par son pouvoir amnésiant et désinhibant. Ce produit n’a plus de place en thérapeutique.
 
 
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320 millions d’euros de tranquillisants et somnifères

Parmi les psychotropes, les benzodiazépines constituent une famille chimique particulière, comprenant des hypnotiques (ou somnifères) et des anxiolytiques (ou tranquillisants). Les benzodiazépines posent des problèmes spécifiques en termes de risque de dépendance ou de troubles de la mémoire, de diminution de la vigilance ou encore de détournement d’usage. En 2004, plus de 10 millions de Français ont eu au moins une prescription d’anxiolytique et plus de 5 millions d’hypnotique. Les femmes et les personnes âgées sont très concernées. La France se situe depuis de nombreuses années parmi les plus grands consommateurs de ces substances. En Franche-Comté, la consommation est supérieure à la moyenne nationale, donc en tête sur le plan européen. Exposé des motifs Économiques Les Français consomment deux fois plus d’anxiolytiques que les Espagnols et huit fois plus que les Anglais. Pour les hypnotiques, c’est deux fois plus que les Allemands et les Italiens. En 2004, 51,1 millions de boites de somnifères et 55,6 millions de tranquillisants ont été achetés, ce qui représente 320 millions d’euros. Il existe donc une exception française de surconsommation qui induit un surcoût économique et pose des problèmes de de santé publique en créant des risques de dépendance et de baisse de la vigilance.

http://www.urcam.org/fileadmin/FRANCHE-COMTE/publications/docs_PQP/Anxyolitiques-hypnotiques_2006.pdf

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La surconsomation française de tranquilllisants et somnifères. Conséquences dramatiques.

DEPENDANCE, CHUTES, ACCIDENTSPRUDENCE AVEC LES TRANQUILLISANTS ET LES SOMNIFERES

LETAT DES LIEUX

La surconsommation française de tranquillisants et de somnifères

Les anxiolytiques (ou tranquillisants) permettent de traiter lanxiété et ses manifestations(crises dangoisse aiguë, troubles anxieux réactionnels) Les hypnotiques (somnifères) permettent de prendre en charge les troubles du sommeil

Les médicaments psychotropes constituent un ensemble hétérogène de molécules, qui ont comme point commun de proposer une réponse chimique à un trouble psychiatrique identifié.

Parmi les psychotropes, ces deux classes correspondent à une même famille chimique

2.Plusieurs études menées en France depuis une quinzaine dannée ont démontré une tendance à la banalisation de la prescription de ce type de médicaments.La France se situe depuis de nombreuses années parmi les plus grands consommateurs de tranquillisants et dhypnotiques. Daprès une étude du Credes3, le nombre de doses4 vendues, pour 1000 personnes et par jour était le suivant en 1992 :
Allemagne France Italie Royaume Uni
Hypnotiques 17,43 49,92 19,68 22,31
Anxiolytiques 12,62 69,18 28,98 7,05
Depuis, si laugmentation est relativement faible, elle nen est pas moins constante et la France conserve ce particularisme. En 2004, le nombre de boîtes remboursées par l
Assurance Maladie5 a par exemple augmenté de 0,5% pour les anxiolytiques, et de 1,7% pour les hypnotiques.Daprès une étude de lAssurance Maladie6, en 2000, 17,4% de la population française7 a bénéficié dau moins une prescription danxiolytique, 8,8% dune prescription dhypnotique.
2 La classe des benzodiazépines recouvre la quasi-totalité des anxiolytiques et hypnotiques
3 T. Lecomte, V. Paris « Consommation de pharmacie en Europe – Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni » CREDES, décembre 1994
4 Une dose correspond à la posologie recommandée pour 24 H
5 Pour la population protégée du régime général. Ce chiffre ne prend pas en compte les assurés relevant du régime agricole, du régime des travailleurs indépendants, et des sections locales mutualistes.
En Bourgogne, environ 71% des assurés dépendent du régime général.
6 «Médicaments psychotropes : consommation et pratiques de prescription en France métropolitaine ». Revue Médicale de lAssurance Maladie volume 34 n°2/ avril-juin 2003.
7Population protégée par le régime général.
Dépendance, chutes, accidents…. Prudence avec les tranquillisants et les somnifères
URCAM BOURGOGNE
Juin 2005 6
Saône-et-Loire 2,6 boîtes/pers
Nièvre 3,0 boîtes/pers
Yonne 2,6 boîtes/pers
Côte-d’Or 2,3 boîtes/pers
Ceci démontre une évidente tendance à la banalisation de ces produits en France.
Plus de deux boîtes et demi de tranquillisants et somnifères par bourguignon en 2004
La Bourgogne fait partie des régions dans lesquelles lusage de ce type de médicaments est le plus répandu. En 2004, le nombre de boîtes remboursées a augmenté dans de fortes proportions : + 5,1% pour les anxiolytiques (0,5% en France) ; + 2,4% pour les hypnotiques (1,7% en France).
En 2004, près de 3,5 millions de boîtes ont été consommées par les bourguignons
8 : environ 2 millions  dhypnotiques et 1,5 million danxiolytiques. Cela correspond à 2,6 boîtes parpersonne. Les écarts entre départements sont assez significatifs : de 2,3 boîtes par personne en Côte dOr à 3 dans la  Nièvre.Des populations plus spécifiquement concernées
 Létude de lAssurance Maladie de 2000 montrait que, à partir de 60 ans, un cinquième des hommes et un tiers des femmes étaient consommateurs de tranquillisants. Une autre étude menée par la CPAM de Côte dOr a montré que 49% des consommateurs de tranquillisants et somnifères en 2003 avaient plus de 60 ans. Les femmes représentent 70% du total des consommateurs, les femmes de plus de 60 ans 36%. Plusieurs publics sont ainsi particulièrement concernés par l
usage de ces médicaments et par les risques associés :
les personnes âgées 
les femmes
et également les jeunes
9: si la consommation est peu répandue pour ces classes dâge, certains contextes (stress lié aux examens) ou types dusage (consommation sapparentant à celle de drogues) peuvent entraîner une familiarisation précoce avec ces produits.
8 Régime général, régime agricole et régime des artisans et commerçants : 90% de la population environ.
9 Daprès une étude de lURCAM de Picardie : en 2000, en Picardie, 8,2% des assurés de 15-25 ans ont consommé des tranquillisants. Cette pratique concernait près de 12% des filles de cette tranche dâge.
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Juin 2005 7

UN ENJEU DE SANTE PUBLIQUE

Des médicaments à utiliser avec prudence

Des précautions non respectées

La prise de ces médicaments peut avoir de multiples conséquences néfastes, cest pourquoi les autorités scientifiques

10 recommandent certaines précautions dans leur utilisation.

Un traitement bref

La durée maximale doit être : de 4 à 12 semaines pour les tranquillisants, et de 2 à 4 semaines pour les somnifères (période de sevrage incluse).

une réévaluation régulière du traitement

En labsence damélioration notable, une réévaluation pour réadapter le traitement est nécessaire.

pas dassociations

Il ne faut pas associer deux tranquillisants ou deux somnifères lors du traitement.

un sevrage progressif

Larrêt du traitement ne doit pas être brutal : il faut diminuer les doses progressivement

Dans létude de lAssurance Maladie de 2000, il apparaissait que 35% des consommateurs danxiolytiques avaient eu plus de 4 prescriptions dans lannée ; ce qui était également le cas de 37% des consommateurs dhypnotiques. Daprès une étude sur un échantillon de consommateurs danxiolytiques et hypnotiques11, âgés de plus de 60 ans, 77% dentre eux étaient consommateurs, de façon continue, depuis plus de 2 ans.

Contrairement aux recommandations, un nombre important de traitements sont donc pris de façon continue, ce qui pose un véritable problème de santé publique. Des effets secondaires dangereux

– lusage de ces médicaments entraîne rapidement lapparition dune dépendance. Celle-ci est renforcée par la durée du traitement et le dosage. La dépendance, physique et psychique, se manifeste à larrêt du traitement par des symptômes de manque comme linsomnie, lanxiété, lirritabilité, les douleurs musculaires.

les troubles de la mémoire et de lapprentissage

Ces médicaments entraînent en particulier des troubles de la mémoire des faits récents.

les troubles de la vigilance et la somnolence

Lusage de ces médicaments peut entraîner des accidents de la circulation et du travail.

10 Agence Nationale pour le Développement de lEvaluation Médicale, « recommandations et références médicales », janvier 1995.

11N.Lechevallier, A.Fourrier, C.Berr. Utilisation de benzodiazépines chez le sujet âgé : données de la cohorte EVA. Revue epidémiologique de Santé Publiquen, 2003

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Juin 2005 8

des risques particuliers chez les personnes âgées

Pour ces dernières, lusage des médicaments est aussi à lorigine de chutes, aux conséquences dramatiques.En 1999, les chutes chez les personnes de 75 ans et plus ont été la cause de 8500 décès en France.

On estime que les psychotropes sont responsables denviron 20% des chutes des

personnes âgées à domicile, et 30% quand elles vivent en institution

12. Les personnes âgées sont également particulièrement concernées par les risques daccidents iatrogènes.
Les psychotropes seraient en cause dans un quart de ces accidents liés à une interaction entre plusieurs médicaments
13.

LES CHIFFRES EN BOURGOGNE

LES EFFORTS A FAIRE EN BOURGOGNE EN 2005

Lobjectif en Bourgogne est de baisser la consommation de près de 11% en 2005, soit une économie attendue de 1 million deuros.

Côte-d’Or Nièvre Saône-et-L. Yonne Bourgogne France

Evolution du montant remboursé

janv-mars 05/janv- mars 04

-4,3% -4,9% -3,3% -6,9% -4,7% -3,8%

Objectif sur 2005 -9,8% -12,1% -11,8% -10,6% -10,9% -10,0%

Dépense attendue 2005 1 700 000

1 040 000 2 150 000 1 450 000 6 360 000 231 230 000

12 Blain H, Blain A, Trechot P , Jeandel C, Rôle des médicaments dans les chutes des sujets âgés : aspects épidémiologiques.

Presse Med 2000 ; 29 : 673-80

13 Daprès la Caisse Centrale de Mutualité Sociale Agricole, les accidents iatrogènes seraient le motif de 20% des hospitalisations pour les personnes âgées de plus de 80 ans.

http://www.bourgogne.assurance-maladie.fr/fileadmin/BOURGOGNE/publications/Dossier_de_presse_m_dicament.pdf

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Consultation duré: cinq minutes. C’est, pour les antidépresseurs, comme pour les benzos

(…) Dix des 11 médecins consultés ont prescrit les antidépresseurs en quelques minutes seulement, la consultation n’ayant souvent même pas duré cinq minutes.

Le journaliste prétextait être déprimé et manquer d’intérêt pour certaines activités. Il prenait soin de ne pas évoquer une perte de poids ou des tendances suicidaires pour justifier la consultation.

Seulement trois médecins ont pris plus de 15 minutes pour la consultation et ont poussé plus loin pour identifier les causes de la supposée dépression.

Certains médecins ont également omis de dire au faux patient que le traitement aux antidépresseurs devait durer au moins 6 mois et qu’il ne fallait pas cesser abruptement la médication.

Huit des 11 médecins consultés ont recommandé de voir un psychologue en plus de la médication. Cinq ont demandé un examen sanguin.

La prescription aussi rapide d’antidépresseurs inquiète les spécialistes. Ceux-ci mettent notamment en cause la très forte pression des compagnies pharmaceutiques pour pousser la vente de leurs médicaments.

Ils blâment également les patients eux-mêmes et la pensée magique que ces petites pilules peuvent tout guérir. Selon un médecin de l’hôpital Charles-Lemoyne, 90 % des patients s’attendent à sortir de leur consultation avec une prescription en main."

 
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Les parlementaires dénoncent l’usage excessif des psychotropes (le Figaro du 30 juin 2006)

La consommation est deux fois plus importante en France qu’en Europe, avec des effets secondaires non négligeables. UN RAPPORT de l’office parlementaire d’évaluation des politiques de santé rendu public hier au Sénat s’inquiète de la surconsommation en France des médicaments psychotropes (tranquillisants, antidépresseurs, somnifères…). Pour endiguer ce phénomène préoccupant depuis longtemps, ce document, coordonné par Maryvonne Briot, députée, fait toute une série de recommandations aux pouvoirs publics. Il faudrait, réclame-t-elle, promouvoir le respect des bonnes pratiques en améliorant la formation initiale et continue des médecins ; améliorer la régulation du médicament en généralisant les études d’évaluation des bénéfices et des risques ; mieux associer la délivrance de psychotropes et la prise en charge psychologique…Ce travail parlementaire repose sur un état des lieux des psychotropes en France effectué par des scientifiques de l’université Victor Segalen de Bordeaux sous la direction des Professeurs Hélène Verdoux, psychiatre, et Bernard Bégaud, pharmacologue. Il confirme la persistance d’une situation exceptionnelle de la France par rapport à ses voisins : la part de la population ayant pris un psychotrope au cours des douze derniers mois est deux fois supérieure à la moyenne des pays voisins. Avec quelques nuances, puisque la durée moyenne de consommation est plus faible chez nous que dans les autres pays. Les femmes en usent deux fois plus souvent que les hommes, les personnes âgées bien plus que les jeunes. Le recours aux psychotropes déjà relevé dans les années 1980 n’a fait qu’empirer : le montant des remboursements de l’assurance-maladie pour ces produits est estimé en 2004 à un milliard d’euros, alors qu’en 1980 il était de 317 millions d’euros. Une croissance liée à la fois à une augmentation des volumes prescrits et au coût accru des nouvelles molécules. Par ailleurs, un fait est particulièrement notable : les antidépresseurs représentent aujourd’hui plus de 50% des ventes, contre 25% en 1980, alors que celles des anxiolytiques et des hypnotiques sont restées stables. Cela tient à l’apparition de nouveaux antidépresseurs présentant moins d’effets secondaires. Mais, «certains sociologues soutiennent également que les troubles psychiques ont eux-mêmes évolué. Les phénomènes d’hystérie sévère plus fréquents dans les sociétés où les interdits sont forts, céderaient la place aux cas de dépression, affectant des individus de plus en plus isolés, écrasés par les exigences de l’idéal d’autonomie contemporain», peut-on lire dans ce rapport.

Prescriptions inadéquates

Par ailleurs, l’usage des psychotropes est souvent incorrect : 80% sont délivrés par des généralistes qui ne respectent pas toujours les recommandations professionnelles et les limitations de durée de prescription. «La moitié des personnes consommant des antidépresseurs et plus de deux tiers de celles ayant des anxiolytiques et hypnotiques ne présentent pas de troubles psychiatriques relevant d’une telle indication, souligne ce travail. Inversement, moins d’une personne sur trois souffrant de dépression bénéficie d’un traitement approprié. Le niveau élevé de la consommation française n’implique donc pas une meilleure couverture des besoins sanitaires.» Les conséquences en terme de santé publique de cet excès restent mal documentées. Les médicaments à base de benzodiazépines (hypnotiques et tranquillisants) sont connus pour avoir des effets négatifs sur les performances intellectuelles et en particulier sur la mémoire à court terme. «Du fait de la proportion importante de personnes exposées à ces médicaments, une augmentation même minime du risque de détérioration cognitive pourrait générer un nombre significatif de cas de démence, avec de larges répercussions sur la santé des populations âgées», précise le document. Pour ce qui est des antidépresseurs, quelques essais thérapeutiques ont suggéré un risque accru d’idées suicidaires, chez les enfants et les adolescents en particulier. Les parlementaires estiment cependant que le rapport bénéfice/risque reste favorable pour les malades souffrant de dépression, une maladie à risque de suicide bien plus élevé que celui que représente les antidépresseurs. Enfin, les psychotropes ont été impliqués dans les accidents de la voie publique et les chutes des personnes âgées, sans que cela soit parfaitement documenté.

Pour les parlementaires, les pouvoirs publics devraient accorder une attention prioritaire à ces questions.

http://www.lefigaro.fr/sciences/20060630.FIG000000107_les_parlementaires_denoncent_l_usage_excessif_des_psychotropes.html

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Pétition internationale benzodiazépines en ligne (texte en français de Benzodiazepine Awareness Network traduite par dany)

Appel aux fabricants de benzodiazépines, aux médecins prescripteurs, à la FDA, à l’OMS et à l’Afssaps.
Nous, individus nommés ci-dessous, avons électroniquement signé cette pétition afin de faire savoir que la prise des benzodiazépines telles que prescrites par nos médecins, a eu pour chacun de nous comme résultat, une grave intoxication, une dépendance au produit, une maladie chronique mal diagnostiquée, générant une angoisse émotionnelle profonde et une incapacité globale de fonctionner normalement pendant des périodes prolongées au cours des phases de tentatives de sevrage.
Nous savons tous que prendre des médicaments prescrits par les médecins inclut quelques risques et qu’un certain pourcentage de patients est susceptible d’éprouver des résultats défavorables. Cependant nous ressentons fortement que les risques impliqués par les prises de médicaments appelés benzodiazépines sont beaucoup plus importants que le milieu médical et nos gouvernements ne veulent nous le faire croire. Certainement beaucoup plus grand qu’il ne nous l’a jamais été dit. Ces médicaments sont extrêmement addictifs. Le degré de douleur provoquée par le syndrome de sevrage aux benzodiazépines est énorme comparé à celui d’autres prescriptions et même comparée celui du sevrage aux drogues illicites. Nous estimons également que le pourcentage des patients défavorablement affectés par les médicaments de la famille des benzodiazépines (anxiolytiques) est beaucoup plus grand que ce que nos médecins, nos gouvernements et peut-être les fabricants de ces drogues tel que Roche, Wyeth et Upjohn ne veulent nous le faire croire.
Nous espérons que cette pétition aidera à faire prendre conscience à nos médecins, à nos gouvernements comme aux industries pharmaceutiques responsables de leur fabrication que la dépendance aux anxiolytiques n’est pas un petit problème qui touche seulement une poignée de personnes,
comme ils voudraient nous le faire croire. C’est un problème global qui a les proportions d’une épidémie. Le constat doit être dressé immédiatement, mais en premier lieu : il doit être reconnu.
À la différence des dépendances aux drogues illicites telles que la cocaïne et l’héroïne il n’y a à cette heure aucun protocole de traitement ni antidote pour cette maladie iatrogénique (maladie induite par le médecin). Les symptômes de sevrage sont graves et débilitants. La période de sevrage (avant rétablissement) est de durée beaucoup plus longue que celle nécessaire pour les drogues illégales mentionnées ci-dessus ou pour toutes autres médicaments ou drogues que nous connaissions à ce jour.
Les profits réalisés par la vente de ces benzodiazépines non seulement pour Roche et d’autres fabricants mais pour les médecins qui les prescrivent et pour les pharmacies qui les vendent dépassent l’imagination. Il y a certainement un intérêt commun à nier l’ampleur du phénomène : le nombre des personnes dépendantes aux benzodiazépines, et la nature de la maladie provoquées par cette famille de médicaments afin de suggérer que le problème est dû aux patients et non aux médicaments. Cette pétition a pour but de prouver le contraire. Nos vies ont été inopinément brutalisées par l’impact négatif d’un médicament de la famille des benzodiazépines. Nous sommes unis en esprit par le désir que la vérité éclate enfin au grand jour et pour que d’autres soient épargnés par la douleur que nous avons éprouvée de façon directe.

Nous approuvons la pétition de réseau de conscience de benzodiazépine aux fabricants de benzodiazépines, aux médecins prescripteurs, à la F.D.A. et l’OMS.

signature:

http://www.petitiononline.com/benzo/petition.html

 lire les témoignages SVP
 http://www.petitiononline.com/mod_perl/signed.cgi?benzo&1

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