« Un tiers des prescriptions de psychotropes sont faites de façon inappropriée. »

Habitude. C’est un rapport aussi passionnant qu’inquiétant, portant sur "Le bon usage des médicaments psychotropes" (2), qui a été présenté hier au Sénat. Jusqu’à présent, on avait l’habitude de dire que la France était le premier pays consommateur au monde de ces pilules de l’âme. Sans trop savoir ce que cela recouvrait. Premier constat : nous restons les champions du monde. Mais, comme si cela ne suffisait pas, le recours à ces médicaments s’est "banalisé". Aujourd’hui, un Français sur quatre déclare avoir consommé au moins un médicament psychotrope au cours des douze derniers mois. Et un sur trois en a déjà consommé dans sa vie, c’est-à-dire plus de 20 millions de personnes. Quand on entre un peu plus dans les détails, on apprend que, "après 60 ans, la moitié des femmes et un tiers des hommes en ont pris dans l’année". Les jeunes ? "Une fille sur quatre et un garçon sur cinq en ont consommé avant l’âge de 18 ans." D’où ce chiffre monumental : "120 millions de boîtes de psychotropes ont été remboursées en France l’an dernier", a lâché la députée Maryvonne Briot (UMP). Or, en dépit de cette surconsommation massive, toutes les données analysées dans ce long travail soulignent un énorme écart entre consommation et besoin. Ainsi, ceux qui pourraient en tirer bénéfice en sont privés : "La moitié des sujets français présentant un trouble psychiatrique n’a reçu aucun traitement psychotrope au cours de l’année écoulée." Egalement : "Un tiers des personnes souffrant d’une réelle dépression ne reçoivent aucun antidépresseur." A l’inverse, ceux qui en prennent n’en ont pas tous besoin : "Deux tiers des personnes prenant des anxiolytiques n’ont aucun problème psychique particulier La moitié de ceux qui sont sous antidépresseurs n’ont aucune raison d’en prendre." Suite logique de ce constat : "Un tiers des prescriptions de psychotropes sont faites de façon inappropriée." A l’évidence, ce "trop" n’entraîne pas du mieux. Et produit même parfois du pire. Ces médicaments ne sont pas anodins, pouvant entraîner des effets secondaires à plus ou moins long terme. "On ignore ce qui se passe réellement après que le médicament a reçu son autorisation de mise sur le marché, explique Bernard Bégaud. Là comme ailleurs, nous manquons cruellement de données, il y a un déficit majeur d’études."

Stratégie. Comment expliquer ce dérapage généralisé ? Pour les auteurs de l’étude, c’est tout le système qui n’est pas adapté. Ils rappellent que "80 % des prescriptions sont le fait de médecins généralistes", souvent mal préparés à gérer les troubles psychiques. "Des années 70 à aujourd’hui, la formation en pharmacologie des étudiants en médecine a décru de 160 heures à 80 heures." La députée Maryvonne Briot surenchérit, en dénonçant "la fragmentation des responsabilités entre les différents organismes qui interviennent dans l’évaluation des médicaments". Sont pointés aussi la stratégie offensive de l’industrie pharmaceutique pour imposer ces médicaments (lire ci-contre), les largesses de l’Assurance maladie et le manque d’information de l’opinion publique. Bref, c’est toute la copie qui est à revoir.

ma conclusion: nos médecins sont des ânes!

http://www.lahnon.org/SPIP-v1-7-1/imprimer.php3?id_article=233

ASSEMBLÉE NATIONALE

OFFICE PARLEMENTAIRE D’ÉVALUATION

DES POLITIQUES DE SANTÉ

le bon usage des médicaments psychotropes

http://www.assemblee-nationale.net/12/pdf/rap-off/i3187.pdf

 

 

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